Escale en Guyane, où Claude Brignon préside aux destinées de l’association affiliée à la FFSS. Un club comptant plus de 5000 licenciés et à l’initiative d’une BD sur la prévention des noyades ! Il faut dire que les actions de prévention sont essentielles, tant les noyades sont nombreuses, notamment chez les enfants guyanais.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Claude Brignon : je suis professeur agrégé d’EPS, spécialiste de la natation. Et chargé de mission par le recteur de Guyane pour la prévention des noyades.
En quelle année l’association Ma Guyane Nage a-t-elle été créée et dans quel but ?
L’association Ma Guyane Nage a été fondée le 14 juillet 2016 par Myrtho Mandé et moi-même dans le but de proposer un dispositif innovant p8our la prévention des noyades (équipes d’éduca8teurs8 et bassins de natation mobiles). Le club est basé à Cayenne mais intervient sur tout le territoire guyanais.
Comment avez-vous intégré la fédération française de sauvetage et secourisme (FFSS) ?
En 2023, nous avons constaté que l’enseignement du savoir nager et de l’aisance aquatique n’était pas un moyen suffisant pour prévenir les noyades. Il manquait énormément de compétences en sauvetage et natation. Nous avons donc décidé d’ouvrir un second volet destiné à la formation de jeunes guyanais au secourisme, sauvetage et enseignement de la natation. Dans ce but, nous nous sommes affiliés à la FFSS en 2024.
Combien de licenciés à ce jour ?
Nous comptons plus de 5000 adhérents, dont prés de la moitié à la FFSS.
Quelles sont les formations proposées ?
Nous assurons ces différentes formations : PSC, PSE1, BSB et BNSSA. Nous formons 60 BNSSA par an et sommes partie prenante dans la préparation d’un BPJEPS AAN.
Quelles sont les difficultés rencontrées localement pour mener à bien vos missions ?
Des difficultés d’ordre administratif : conventionnement avec les communes d’accueil, processus très long. Et également des difficultés financières car ces communes manquent de moyens. Nous dépendons énormément des subventions publiques. Les difficultés sont aussi humaines, car il faut constituer des équipes compétentes et investies.
Avez-vous un lien avec la surveillance des plages ?
Il n’y a pas de surveillance des plages en Guyane. Et nous sommes les premiers à alerter les autorités sur ce point. Nous envisageons de constituer en 2026 des équipes opérationnelles pour être présents sur ce terrain.
Avez-vous d’autres projets ?
Nous avons l’espoir de créer une section de sauvetage sportif. Et continuer nos actions de prévention. Il faut savoir que les noyages représentent la 2e cause de mortalité chez les enfants de 1 à 5 ans, la 1ère chez les jeunes de 5 à 15 ans, de 2007 à 2016*. Ces accidents ont lieu sur les fleuves, dans les criques, en piscine ou à l’océan. C’est dramatique. Les familles et les proches ne sont pas formés pour porter assistance et la chaîne de secours est à améliorer.
En résumé, quel est votre vœu le plus cher ?
Offrir aux familles défavorisées des lieux et des temps d’activité aquatique pour renforcer le lien parent/enfant, favoriser la cohésion sociale, faciliter l’intégration des jeunes dans le monde du travail et l’insertion des personnes en situation de handicap, lutter contre le désenclavement.
Pour finir, quelques mots au sujet de votre BD sur la prévention des noyades ?
La BD » La danse des martin -pêcheurs », éditions Plume verte, a été publiée en mars 2025. Nous avons demandé à l’illustrateur Olivier Copin d’imaginer une histoire autour de deux enfants guyanais. Le but est de sensibiliser quant à l’importance du savoir nager.
Propos recueillis par Bruno Magnes
*Dr Chloé Pansart, Les causes de décès des enfants en Guyane française, 2018.

