Rencontre avec Albane Déage

Rencontre avec Albane Déage

Coup de projecteur sur la sauveteuse cannoise, titrée jeudi lors de la French Rescue, après avoir décroché l’or sur les N1 (100m bouée tube).

Quel a été votre parcours ?

Je viens de la natation. J’en ai fait à haut niveau pendant 7 ans. J’ai appris à nager chez moi, dans mon club de Toulon quand j’avais 6 ans, puis je suis partie de chez moi pour le pôle espoir d’Antibes en 3ème. J’y suis restée jusqu’à la terminale. Ensuite, je suis partie à Toulouse pour les études. J’ai ralenti la cadence au niveau de la natation, le confinement est arrivé et en post confinement j’ai intégré les dauphins du TOEC pendant plus de 2 ans où j’ai repris le haut niveau. J’ai fini par saturer de ne faire que “ nager ” et je suis tombée dans le sauvetage. Cela fait maintenant 3 ans. J’ai pu faire mes premières équipes de France A’ en 2023 et 2024 puis ma première A en 2025. En parallèle, je fais également de la nage avec palmes que j’ai commencé début 2025. J’ai pu participer aux Championnats d’Europe en juillet 2025.

Comment avez-vous débarqué au TSN ?

J’ai rejoint le Tournefeuille Sauvetage Nautique suite à mon arrêt de la natation, en octobre 2022. J’étais en train de saturer et je ne prenais plus de plaisir à faire de la natation course. Des copains à moi (Kévin Lasserre et Soizic Gelfman) pratiquaient depuis un moment le sauvetage, ça avait l’air sympa, donc j’ai voulu essayer. Je me suis renseignée sur les clubs proches de chez moi et le TSN n’était pas très loin, j’en ai entendu du bien, donc je me suis lancée. J’ai tout de suite accroché et tout le monde a été très bienveillant, dès mon arrivée.

Qu’est ce qui vous a plu dans le sauvetage sportif ?

Ce qui m’a vraiment marquée a été d’abord l’ambiance au sein du club et également lors des compétitions. Les athlètes ont une bonne mentalité, il n’y a pas de prise de tête et tout le monde est bienveillant dans l’apprentissage des techniques. Ce que j’ai beaucoup aimé, aussi, c’est la diversité des épreuves et du matériel, tant au niveau de l’eau plate que du côtier. Il y a toujours de quoi prendre du plaisir et continuer d’apprendre, c’est ça que j’avais perdu auparavant en natation. Ça fait du bien de renouer avec le plaisir de s’entraîner et de performer.

Vous avez honoré votre première sélection l’an passé, lors des Euros, avez-vous apprécié l’expérience polonaise ?

J’ai adoré cette première expérience avec l’Équipe de France. Il y avait une très bonne ambiance et une excellente cohésion tant au niveau des jeunes que des seniors. Tout le monde était là les uns pour les autres. De plus, les deux équipes ont réalisé de belles performances. J’ai ressenti de fortes émotions durant ces championnats, d’autant que mes trois copains de Tournefeuille étaient à mes côtés (Goroco, Tom et Elouan). Ça a été un vrai plaisir d’être à leurs côtés.

Quelle est votre épreuve préférée et pourquoi ?

Je dirais le 200 SLS. Ce que j’aime dans cette épreuve, c’est la diversité de passer d’une technique à une autre, changer de rythme tout en restant lucide. C’était la plus complexe à apprendre mais c’est aussi celle où j’ai pu prendre le plus de plaisir.

Pourquoi avez-vous changé de club cette saison ?

J’ai changé de club et signé à Cannes pour des raisons professionnelles. En parallèle du sport, je suis chiropracteur. J’ai suivi mes études sur Toulouse puis j’ai exercé un an là-bas et j’avais l’impression d’avoir fait le tour. J’avais besoin de changements et je ressentais le besoin de me rapprocher de ma famille. Et puis j’étais aussi intriguée de voir d’autres choses au niveau du sport, ça a été un petit plus pour mon déménagement.

Etes-vous satisfaite par vos performances lors du FMI à Paris en janvier (victoire sur 100m bouée tube) ?

Oui je suis assez satisfaite. J’ai effectué pas mal de changements au niveau de mes entraînements en changeant de club et c’était intéressant de me challenger avec les autres filles en ayant de nouveaux repères. On a pu tirer de bonnes conclusions et également voir d’autres points à améliorer, c’était un bon test.

Quels sont vos objectifs ?

Cette année, j’aimerais d’abord continuer à prendre du plaisir dans ma pratique sportive puis sur le plan des compétitions pouvoir me qualifier aux Mondiaux de sauvetage en Afrique du Sud mais également aux Mondiaux de nage avec palmes en Corée.

À ce jour, quel est votre meilleur souvenir dans le sauvetage ?

Il y en a beaucoup mais je pense que ça restera les Championnats de France de Limoges de 2025. J’ai pu gagné mes premiers titres de Championne de France, beaucoup de podiums avec les relais de mon ancien club et nous avons terminé également sur la 2ème place du classement général club, c’était assez fou comme moment. Si je peux en citer un deuxième, ce sont les titres de Champion d’Europe en individuel, obtenus par Tom et Goroco en Pologne, je suis très fière de ce qu’ils ont accompli.

Vous avez vécu vos premiers N1, fin mars avec Cannes. Quel bilan dressez-vous ?

Nous sommes venus avec un petit groupe de six sauveteurs et deux coachs et il y avait une très bonne émulation. Le groupe a bien fonctionné, que ce soit avec les plus jeunes et les plus grands (notamment le record du monde de Kevin). Cela nous as permis d’être dans une très bonne dynamique au niveau des performances et de l’ambiance. Tout le monde était motivé pour performer. De mon côté ces championnats ont été plutôt positifs, le travail commence à bien se mettre en place.

Propos recueillis par Bruno Magnes

Photo Hervé Pagès