Gros plan sur le sauvetage au Cap-Vert

Gros plan sur le sauvetage au Cap-Vert

Si je vous dis : 10 îles en plein Atlantique, au large du Sénégal, vous allez imaginer de belles plages de sable doré aux eaux turquoise. Et bien non ! A 500 km de Dakar, le Cap-Vert, ancienne colonie portugaise libérée en 1975, reste très attaché à Lisbonne tout en revendiquant ses attaches africaines puisque peuplé de descendants d’esclaves. Une population très accueillante et respectueuse de l’environnement. En ce sens on peut dire que c’est encore un peu l’Europe….et déjà l’Afrique. Le tourisme s’y développe mais sans excès : ici pas de tour au bord de la plage ! L’archipel du Cap-Vert est constitué de terres volcaniques avec des falaises de roches abrasives qui tombent dans la mer. Quant au sable, il est le plus souvent noir ! Sur les quelques étendues de sable blanc, des hommes en jaune et rouge regardent les baigneurs, ce sont les « Nadador-Salvador ». Dans ce pays, ce sont les hôtels qui rétribuent les sauveteurs : plus ils sont importants, meilleures sont les conditions de la surveillance avec un matériel en conséquence. Quant au contrôle de la qualité des eaux de baignade, on se doute bien qu’il ne peut être indépendant puisque ce sont les établissements hôteliers qui assurent les salaires. Selon les confidences d’habitants, elles ne seraient pas irréprochables. Le responsable national, Jandir Leite, a bien voulu répondre à nos questions.

Comment s’organise le sauvetage sur les plages au Cap-Vert ?

Le Cap-Vert, pays maritime par excellence, apparaît sur la scène internationale comme un pays émergent dans l’industrie du tourisme balnéaire et comme un pays pour lequel la gestion rationnelle et intelligente des ressources naturelles est d’une importance vitale, avec des obligations dans les domaines de la sécurité, de la surveillance maritime et balnéaire, ainsi que de la sauvegarde de la vie humaine en mer- ” Établit le régime juridique pour l’identification, la gestion, la surveillance et la classification des zones de baignade maritime et de la qualité des eaux de baignade et la fourniture d’informations au public à leur sujet, en vue de préserver, protéger et améliorer la qualité de l’environnement et de protéger la santé humaine. “Ceci fait partie du Plan National de Sécurité des Plages du Cap-Vert, sous la juridiction de l’Institut Maritime Portuaire (IMP), l’Autorité Maritime Nationale dont les missions incluent la surveillance, la sécurité, le sauvetage aquatique et les premiers soins pour les baigneurs et les utilisateurs des zones de baignade/plages du Cap-Vert.

Combien de plages sont surveillées au total ?

Au Cap-Vert, il y a plus de 145 zones de baignade maritime / plages, dont seulement 51 sont surveillées par le service de sécurité et de surveillance des baignades, principalement pendant la haute saison estivale, qui s’étend du 1er juin au 30 septembre

Combien de sauveteurs en poste ?

Chaque année, au Cap-Vert, plus de 150 sauveteurs assurent la sécurité et la surveillance des baignades dans les principales zones de baignade maritimes et sur les plages.

Comment sont-ils formés ?

En ce qui concerne la formation, le Cap-Vert dispose de son propre plan de formation en sauvetage aquatique – cours de sauveteur, dans le cadre du ” Projet de sécurité des plages “, qui a été développé annuellement et est dûment certifié par l’Institut maritime du port. Les sauveteurs, qui assurent la sécurité et la surveillance des plages, sont des personnes ayant des compétences en natation, en milieu aquatique et en premiers secours, et sont engagés pour fournir ce service spécifique, principalement par les concessionnaires (hôtels, bars, restaurants, centres nautiques, etc.) qui détiennent des concessions sur le front de mer. Certains de ces sauveteurs sont des pompiers municipaux qui appartiennent aux mairies et assurent ce service principalement pendant la “haute saison balnéaire”. Au Cap-Vert, la saison balnéaire dure toute l’année, mais l’afflux le plus important de personnes / baigneurs sur les plages a lieu entre les mois de juin et septembre

Qui les emploie ? L’Etat, les municipalités ?

Les sauveteurs, qui travaillent en concession dans les zones de baignade maritimes (hôtels, bars, restaurants, centres nautiques, etc.), sont embauchés et rémunérés par les concessionnaires.

Sont-ils organisés en Fédération ?

Au Cap-Vert, les sauveteurs ne sont pas encore organisés en Association ou Fédération, bien qu’ils soient désireux de s’organiser. En terme de réglementation / certification, ils dépendent exclusivement de l’Autorité Maritime Nationale, qui est l’Institut Maritime du Port – IMP, sous la tutelle du Ministère de la Mer du Cap-Vert.

Y a-t-il des rencontres entre les îles ou les plages, y compris des compétitions sportives ?

En ce qui concerne les compétitions officielles, nous pouvons dire que le Cap-Vert n’a pas encore de calendrier de compétitions. Cependant, il faut mentionner la course en eau libre de 5 kilomètres “VOLTA A DJEU” qui a lieu sur l’île de São Vicente et qui a suscité l’intérêt de nombreux athlètes nationaux et même d’athlètes étrangers venant de pays tels que le Portugal, l’Italie, l’Espagne et le Mexique.

Texte et photos : Philippe Etcheverry